Arrêtons de manger de la merde de JP Coffe

par Duck Love  -  7 Août 2022, 12:58  -  #Abattoirs, #Maltraitance animale, #Alimentation, #Industrialisation

Ce livre date de 2013, mais j'ai eu envie de le relire et ce qui y est dit est malheureusement toujours d'actualité ; il est même fort probable que cela se soit empiré 😥

Quand on achève la lecture de ce livre, on se demande ce que l'on va bien pouvoir manger !

- Lorsque j'ai lu le chapitre sur les poissons, je me suis dit " pas grave, je n'aime pas le poisson "

- Lorsque j'ai lu le chapitre sur la viande, je me suis dit " et si je devenais végétarienne ? "

- Lorsque j'ai lu le chapitre sur les légumes, je me suis dit "heureusement que j'ai fait pousser des tomates sur mon balcon"...

Bref, vous l'avez compris, ce livre n'est pas très rassurant quant aux contenus de nos assiettes, mais il est bon d'avoir toujours en tête les dénonciations de Jean-Pierre Coffe lorsque que l'on va faire nos courses au supermarché... Ah la grande distribution : elle a tué nos petits commerces et la convivialité qui va avec... On ne les aime pas beaucoup ces grandes surfaces, mais elles sont tellement pratiques qu'on s'y bouscule en caisse ! Jean-Pierre Coffe nous conseille d'être vigilants et de bien lire les étiquettes avant de poser un produit dans notre caddie ( en ce qui me concerne, je lis les ingrédients sur les drive en ligne, c'est tellement plus pratique qu'en magasin : avez-vous déjà essayé de lire les ingrédients d'un produit surgelé ? ).

Mais voyons chapitre par chapitre ce qu'il est important que nous sachions :

1-
Les produits laitiers : L'après guerre a vu naître une "nouvelle agriculture". Les vaches qui produisent le lait ont été confrontées à l'absence de pâturage, à l'ensilage, aux produits de substitution. Bien sûr, leur lait en a été largement affecté. Plus de bénéfices = moins de goût ou de qualité. Jean-Pierre Coffe a  le mérite d'être clair et direct : selon lui, les industriels nous méprisent et nous disent implicitement " Consommateurs de tous pays  achetez et mangez ce que l'on produit et fermez vos gueules"... Le lait qui mérite d'être bu est le lait cru mais il a quasiment disparu. Détournons nous des laits écrémés ou encore des laits bêtement enrichis en vitamines ou autre oméga 3, nous dit l'auteur, et faute de lait cru buvons du lait entier. " Si on veut des omégas 3, mangeons des sardines, c'est plus naturel et c'est plus vrai ", ironise-t-il. Le yaourt est, quant à lui, un produit de marketing avec de beaux emballages et de belles publicités. Quelques pseudo conseils scientifiques et les industriels nous font avaler n'importe quoi : des yaourts enrichis en vitamines, en magnésium, en calcium, des yaourts light... Tout est bon pour nous séduire et pour que l'on sorte notre carte bancaire. Contentons nous des yaourts nature et si on veut des fruits, mettons y de la confiture maison, insiste Coffe. Et les fromages dans tout ça ? Achetons des camemberts d'origine normande au lait cru avec un AOC ( pour éviter " la pasteurisation qui détruit toute la microflore qui offre au fromage ses particularismes et ses arômes spécifiques durant le fermentation") , du gruyère des montagnes (et non de Normandie comme c'est souvent le cas) et préférons les vrais fromages comme le roquefort à leurs copies insipides comme le Saint Agur.

2-
L'œuf, les œufs et les ovoproduits : La "nouvelle agriculture" a envoyé les poules dans des batteries, " Le poulailler s'est métamorphosé en une sorte de hangar, dans lequel vivent plus de 300 000 volatiles enfermés dans des cages sans voir la lumière du jour". Les poules ne sont pas nourries au maïs qui coûte trop cher et les œufs doivent être colorés pour paraître  bien jaunes... Et les antibiotiques qu'on fait ingurgiter aux poules se retrouvent dans les œufs. Au bout d'un an, les poules font des œufs plus gros que les consommateurs boudent, il est alors temps d'envoyer nos pondeuses à l'abattoir mais comme elles sont maigres et épuisées, elles sont broyées corps et plumes pour l'alimentation des animaux domestiques... Les poules plein air bio sont mieux traitées mais elles sont encore 3000 par bâtiments et elles ne disposent que de 6 mètres carrés pour chacune d'elles... Il faut aussi savoir que 40% des œufs, en France, sont consommés sous forme d'ovoproduits qui sont des œufs déclassés ( trop petits ou cassés) destinés aux cantines, hôpitaux, collectivités, Fast-Food et, nous dit l'auteur : " Non, il n'y a vraiment personne pour protester contre l'arrivée "d'œufs en poudre" issus d'élevage standard étrangers dont les normes sont incontrôlables". Nous mangeons tous, sans le savoir, des ovoproduits bourrés d'eau et d'huile de palme.

3-
Le poisson : Difficile de savoir d'où provient le poisson que nous achetons ! Car un poisson pêché par exemple dans la "Zone Atlantique Nord Est" peut avoir été péché aussi bien au Groenland qu'au sud de l'Espagne . La pêche la plus pratiquée est la pêche au chalut, les bateaux partent une dizaine de jours dans des zones de plus en plus éloignées à cause de la surpêche. Les pécheurs lancent leurs filets ( et j'ajouterai que souvent ils les abandonnent tuant inutilement des tonnes de poissons sur des années). Grâce à leur GPS qui leur permet de repérer les bancs de poisson, ils ne laissent aucune chance aux animaux marins...Les poissons sont congelés sur le bateau, impossible de savoir si le poisson a été péché la veille ou il  y a 10 jours ! La pratique de la congélation se poursuit : " Le poisson arrive dans les usines congelé pour être décongelé, vidé, et ensuite recongelé pour être réexpédié enfin en containers vers la vieille Europe" . Le poisson peut tout aussi bien venir de Chine, de Mauritanie ou du Sri Lanka ... Sur les étals, les étiquettes sont parfois mensongères : " Le panga vietnamien élevé et congelé en Asie, décongelé en Europe, et servi trop souvent comme du poisson frais sur les étals", déplore Jean-Pierre Coffe. Le saumon industriel, quant à lui, est bourré d'antibiotiques et sa chair est colorées par des additifs. Le saumon vit mal sa captivité dans des bassins et il devient infesté de poux de mer. Du coup, il est traité par un insecticide interdit en France ! Les crevettes elles aussi sont élevées dans des conditions pitoyables et il serait plus prudent de ne pas en manger mis à part les crevettes de Madagascar qui sont mieux traitées.

4-
La viande, les viandes et le minerai : plus de 99% de la viande mangée en France vient de l'industrie, "le produit viande" voyage beaucoup avant d'arriver dans nos assiette "il peut voyager, passer les frontières et revenir dans son pays d'origine"... En 1958, le steak haché a été inventé pour se débarrasser des parties avant du bœuf ( c'est de la vache en réalité ), difficilement vendables, et c'est un succès fou ! Quelle aubaine pour les industriels ! Et comment monnayer les os et la carcasse ? En en faisant de la farine animale, tiens... Comme le remarque Jean-Pierre Coffe : " La filière bovine est si complexe, si opaque ! De l'animal à l'assiette, il y a de nombreuses étapes, et des opérateurs de tous les horizons se succèdent". Alors, comment savoir ce qu'on mange ? Coté abattoir, l'hygiène n'est pas au rendez-vous ; les vaches y arrivent très sales car elles dorment dans leurs excréments et elles sont tuées ainsi... Le conseil de l'auteur : acheter des vaches races à viande certifiée ( bien sûr, c'est plus cher mais bien meilleur et plus fiable). Et le minerai, c'est quoi ? "Des chutes d'agglomérats, de découpes et de tissus graisseux, devenues le socle d'une grande parties des plats cuisinés industriels". Evitons, par exemple,  de manger des lasagnes industrielles ou de la moussaka qui regorgent de cette " mixture" : déchets de viande + sirop de glucose + acidifiants + E262 + Cochenille + maltodextrine de pommes de terre... Et Jean-Pierre Coffe de constater  : " Mettre de la merde dans un produit transformé permet les prix bas". Il faut donc toujours acheter des produits de base de qualité et bouder les produits transformés. Les cochons ont eux aussi leur lot de malheur : n'ayant aucune place dans leur univers concentrationnaire, il vivent sur des caillebottis qui laissent tomber leurs excréments, ils sont bourrés d'antibiotiques et mangent des choses immondes tels que des tourteaux de soja, des résidus des huileries américaines et des déchets de l'amidon de maïs. Si on veut manger de la bonne viande, tournons vers les petits producteurs !

5-
Les fruits et les légumes : En 1970, est apparue chez nous la technique du hors sol. Cette technique a signé l'arrêt de mort des légumes de saison et nous sommes, dès lors, entrés dans le monde de la désaisonnalisation " tueuse de goût et des saveurs". La ratatouille, très consommée toute l'année en France devrait être mangée entre le 15 aout et la Toussaint. Et les légumes devraient être cultivés en plein sol près de chez-vous. Si l'on accepte les "partouzes de légumes" (faites "d'aubergines hollandaises, de poivrons marocains, de courgettes espagnoles et de tomates de n'importe où"), il n'y a pas de raison que les industriels arrêtent de prendre les consommateurs pour des imbéciles prêts à payer pour manger n'importe quoi... Pourquoi manger des fraises espagnoles en hiver alors qu'elles poussent sur des milliers de km sur un tapis noir et qu'elles sont arrosées avec des engrais chimiques et autres pesticides ? Que reste-t-il de la fragrance des fraises ? Et des 3000 variétés de pommes françaises ? Aujourd'hui, il n'en reste qu'une trentaine car nos pommiers, qui ne produisaient qu'une année sur deux, n'étaient pas assez rentables. RIP les court-pendue, les calville ou encore les belle de mai. Les industriels ont préféré les fruits à qui ils donnent une " double ration d'ammonitrate et de potasse à tous les repas et de l'eau à volonté", sans oublier les pesticides en tous genres. Et les fruits exotiques comme l'ananas ? Il est souvent cueilli vert car il doit être à l'heure pour prendre le bateau, il ne murira plus, alors ils seront badigeonnés avec de l'ethrel qui lui donne une bonne mine à l'extérieur mais le fruit restera vert. La banane subit un régime intensif " irrigation, engrais, pesticides et hormones de croissance". Les fruits et légumes en barquette, sont, quant à eux une hérésie, c'est le royaume des bactéries, des microbes et de la fermentation. De plus, les salades en sachets, les fruits et légumes en barquette sont plus chers. "C'est le prix de la fainéantise" ironise un producteur. Les salades en sachet sont désinfectées à l'eau chlorée qui nous prive de sa saveur. Pour que les choux-fleurs restent blancs, ils sont traités au soufre, à l'acide ascorbique ou citriques, aux traitements ionisants et parfois, ils subissent des radiations. Encore une fois, tournons nous au  maximum vers les petits producteurs ou devenons jardiniers...

6-
Quelques conseils pour finir :

 Lisons les ingrédients des produits que l'on s'apprête à acheter
Ne faisons jamais nos courses rapidement au risque d'acheter n'importe quoi
Achetons des produits pour les cuisiner nous même
Privilégions les produits de saison et achetons local dès que cela est possible
Regardons toujours l'origine des produits
Avant de cuisiner, sortons les produits du frigo une heure avant


J'espère que ce long résumé vous aidera si vous n'avez pas lu ce livre que je vous recommande, bonne lecture et bon appétit !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :